

©Géraldine Guilbaud / Sans titre XXII
Géraldine Guilbaud donne forme à des paysages en mouvement, où le geste, la matière et la couleur s’unissent pour traduire une sensation. À travers la céramique — grès, engobes, oxydes — elle matérialise en volume des états fugitifs, à l’image de notre perception face aux éléments.
Ses pièces semblent traversées par des forces : vent, eau, érosion. La matière, jamais vraiment lisse, porte les traces de ces tensions — granuleuse, excavée, parfois accidentée — comme si elle avait été façonnée par le temps et les éléments eux-mêmes. Les surfaces évoquent des reliefs, des failles, des fragments de paysages soumis à des dynamiques naturelles.
Si cette matérialisation donne parfois lieu à des paysages sculpturaux aux formes évoquant des figures animales (Montagne papillon, Nuit 2, Canard blanc), vagues, falaises, roches, cascades ou végétation affleurent, d’autres fois, avec plus d’évidence.
Ce qui pourrait apparaître de prime abord comme informe révèle en réalité une dimension sensible et presque figurative/réaliste. À la manière d’une approche impressionniste, Géraldine Guilbaud ne cherche pas à représenter un paysage, mais à en restituer l’expérience.
Le choix de la présentation, pensé comme un prolongement du travail, participe pleinement de cette lecture : sculptures posées, suspendues, accrochées ou maintenues en équilibre, chaque mode d’apparition dans l’espace prolonge la sensation et active notre projection.
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