© Aurélie Brame / détail Still 4

Le travail d’Aurélie Brame se déploie dans un espace en perpétuelle mutation, transformation et métamorphose, où les formes glissent les unes vers les autres dans une continuité de la matière. Ses images donnent lieu à des formes hybrides, où les distinctions entre humain, végétal, minéral ou organique se dissolvent.

Ses œuvres se construisent à partir d’images et de formes prélevées à des sources multiples — publicité et cinéma, architecture et design, iconographie scientifique, culinaire, médicale ou botanique, etc. Sélectionnées, découpées puis assemblées, ces figures perdent leur identité, tandis que nos repères se troublent.

La couleur y joue un rôle central, mise en œuvre au crayon de couleur avec une grande précision. Les surfaces, presque entièrement investies, laissent peu de place au vide : les formes s’y densifient et saturent l’espace de la feuille. Bien qu’inscrits dans la bidimensionnalité, les dessins affirment une présence presque tactile ; la texture du crayon de couleur révèle plis, torsions et froissements.

Le ratio des formats renforce cette densité en instaurant un espace sans échappée, où les formes semblent pouvoir se développer à l’infini. Mais les bords blancs, presque systématiques, viennent cadrer ce foisonnement, maintenant l’effervescence des formes dans les limites du papier.
Parfois, la présence d’un élément structurant, telle qu’une ligne droite, organise l'espace en plans ; parfois, à l’inverse, une superposition foisonnante et presque tourbillonnante empêche toute perspective.

Tels des miroitements, des reflets changeants du réel, les œuvres d’Aurélie Brame font émerger de nouveaux paysages, comme autant de scènes recomposées, troubles et sensibles, où le regard se déplace sans jamais se fixer.